Publication tome 2

C’est avec plaisir que je vous annonce la publication du tome II  de la série d’Héritages :

                     « Premiers obstacles sur le chemin »

Heritages 2 publié
Du 5 au 8 juin, vous pouvez télécharger gratuitement  cet ouvrage  à  partir du lien suivant :

Premiers Obstacles sur le chemin

Le tome I est également disponible sur Amazon à partir du lien suivant :

Tous les Sentiers sont possibles

Dans l’attente de vos commentaires, je vous souhaite une bonne lecture
 
SG

Le jugement (3ème épisode)

Quitte ou double

Sans s’offusquer le moins du monde de mon intervention musclée, qui avait tout de même interrompu sa présentation, la mouche poursuivit son introduction :

mouche–      Durant ces 3 jours, poursuivi l’insecte à la connaissance suprême,  les plus éminents spécialistes de la planète Terre viendront nous faire partager leurs observations afin d’éclairer notre jugement. Si un élément vous semble requérir plus de précisions, vous pourrez à tout moment les interroger. De même pour les 5 humains qui sont à notre disposition.

–      Au terme du troisième jour,  comme le prévoit notre convention, nous aurons à arrêter une décision qui cèlera l’avenir de la planète Terre. Soit nous déciderons de,laisser se poursuivre l’expérience, soit nous considérerons qu’elle présente trop de dangers et déciderons d’y mettre un terme.

C’est là que j’ai vraiment compris que l’heure était grave.

Dès la fin de cette entrée en matière, l’éclairage de nos box se réduisit pour se concentrer sur un box resté dans l’ombre jusque-là, et que je n’avais pas remarqué. Dans ce box se trouvait une autre mouche en tous points semblable à la première.Tout au long de mon séjour en ce lieu il en sera ainsi, les orateurs se succéderons sans qu’aucune présentation ne soit nécessaire, sans aucune perte de temps lors d’un changement d’intervenant, qui apparaît comme par magie dans un des box libres. De même dès que l’un de nous prend la parole, une fraction de seconde avant son intervention il se trouve enveloppé d’un halo de lumière douce de façon à ce que toute l’attention se concentre sur lui.

Ainsi, rien ne venait détourner notre attention de l’essentiel  de la réunion.

Une organisation maîtrisée

Dès la fin de chaque séance la porte de notre box s’ouvre et sans qu’il soit besoin de nous en donner l’ordre nous regagnions nos appartements. Un petit aparté pour vous faire part de ce que personnellement je n’ai compris que bien plus tard, c’est que 3 jours de débat, quand les heures font 4 heures 30, c’est long…c’est très long.

Dès que nous revenions dans nos appartements, sans qu’aucun contact physique ne soit possible avec nos hôtes, une voix  s’enquérait de nos moindres désirs. Tous les désirs raisonnables étaient exhaussés dans l’instant, sans que jamais je ne sois parvenue à les mettre en échec.

Lors de la première interruption de séance, il me tardait de pouvoir converser avec mes quatre codétenus, afin d’essayer d’en apprendre un peu plus sur ce qui nous arrivait et pourquoi pas, arrêter une stratégie afin de mettre un terme à cette mascarade. Mais là, grosse difficulté de compréhension, j’ai eu beau essayer le français, l’italien et espagnol, trois langues que je maîtrise honorablement, rien à faire. Le seul contact que j’ai pu établir c’est avec le noir américain, qui ne parlait bien sûr qu’américain. Comme mes connaissances en anglais se limitent à une dizaine de mots, notre conversation a vite tourné court.

Et là, ça a eu le don de me mettre dans une rogne terrible.

Merde !! Je venais de passer 4 heures 30 à écouter parler les mouches et j’étais incapable d’échanger 3 paroles avec mes semblables !

 J’ai poussé une gueulante vers le haut-parleur de la voie off, chargé de s’enquérir de nos désirs, et je lui ai expliqué le ridicule de la situation.

Et miracle, moins de trois minutes après quand le chinois parlait il s’exprimait pour moi en français, et l’américain l’entendait en américain et ainsi de suite pour chacun de nous.

Il suffisait de demander !

C’est comme ça que j’ai su que celui que je prenais pour un Péruvien et qui refusait de comprendre mon espagnol, venait en fait de la forêt amazonienne et qu’il ne s’exprimait que dans son dialecte tribal.

Bon, revenons-en à la mouche N°2 qui venait d’entrer en scène. J’ai pu la détailler un peu mieux que la précédente, tout d’abord parce qu’elle était plus près de nous et puis surtout parce que je commençais à m’habituer à la présence de ces insectes.

Je sais pas comment vous auriez réagi vous, mais moi rien qu’une petite araignée ça me glace le sang, alors une mouche de 40 cm, au premier abord j’évite de la regarder dans les yeux.

Un abdomen de couleur gris foncé avec des reflets métalliques, des ailes transparentes, une tête très mobile avec de gros yeux a facettes, 3 paires de pattes. Cette mouche ressemblait en plus grand à celles que nous connaissons chez nous. Seule particularité que nos mouches n’ont pas, tout au moins chez celles que j’ai pu observer depuis, les deux paires de pattes antérieures étaient terminées par une pince très maniable permettant des manipulations précises et en tous sens.

Vous rapporter tous les propos de la mouche N°2 serait fastidieux et hors de mes compétences, car lors de cette première séance je n’avais pas la disposition de mon matériel de prise de notes. Pendant environ 4 heures de notre temps, cette mouche a expliqué l’apparition de la vie sur terre et retracé les différentes étapes de l’évolution jusqu’à ce que se dégage une espèce supérieure :  la notre.

Voici un résumé de ce que j’en ai retenu :

Rappel historique

Il y a un milliard cent millions d’années universelles (soit environ 5 milliards d’années de chez nous), une des espèces de l’époque, qui avait atteint la connaissance suprême a fait le voyage jusque sur notre planète pour y  porter la vie sous une forme primitive. A ce que j’en ai compris, c’est une sorte de challenge. Dès qu’on atteint la connaissance suprême, on se doit, si l’occasion se présente, d’aller ensemencer une planète qui jusque-là était stérile. Malgré le temps écoulé, la mouche N°2 possédait un maximum de détails sur le déroulement de cette fécondation. Même qu’en quelque sorte il y avait eu fausse couche puisqu’ils avaient dû s’y reprendre à deux fois. Notre orateur avait d’autant plus de mérite d’avoir mis la main sur ces archives que l’espèce en question avait disparue corps et âmes depuis belle lurette lors de l’extinction de la planète sur laquelle elle vivait.

Suite à cette disparition, c’est la planète des mouches qui avait hérité de la responsabilité de surveiller l’évolution de la vie sur notre planète. Cette surveillance semblait très importante à leurs yeux, car à les écouter, l’équilibre de l’univers serait très fragile et ils craignaient qu’un comportement inconséquent de la nouvelle forme de vie ne vienne un jour  compromettre cet équilibre et ainsi mettre en danger la vie des autres espèces.

C’est bien connu, rien de plus ingrat que les enfants.

C’est l’américain qui a osé le premier couper la parole à la mouche N° 2.

–     Pourquoi diable n’occupez pas vous-même la nouvelle planète, plutôt que d’y laisser  se développer une forme de vie que vous ne maîtrisez pas, et qui peut par la suite vous être hostile ?

Comme si la question était venue d’un invité de marque, la mouche N° 2 a pris tout le temps nécessaire pour lui expliquer pourquoi cela ne se pouvait.

Je vous le conterai dans un prochain épisode.

A suivre….

Le jugement (2nd épisode)

 Aglaé

Aglaé, c’est mon amie depuis l’âge de 12 ans. Et ça, c’est un véritable exploit. Parce qu’avec elle, une relation qui dure plus de six mois c’est rare. Très rare. C’est une fille avec l'aimable autorisation de jscreationzs / FreeDigitalPhotos.netextra, qui croque la vie à pleines dents, mais qui souffre d’une franchise destructrice. Elle dit toujours ce qu’elle pense et elle n’a jamais appris à tourner sept fois sa langue dans la bouche avant de parler. Et ça, ça fait des dégâts.

Comme elle est mignonne et gaie, elle ne manque pas de prétendants. Au début, systématiquement,  ils trouvent tous sa spontanéité géniale, mais ils changent habituellement d’avis après l’avoir présentée à leurs parents.

Côté boulot c’est pareil, elle décroche toujours des postes intéressants, mais ça ne dure jamais très longtemps.

Dans un de ses derniers jobs, son patron qui avait une cinquantaine bien tassée s’est risqué à la gratifier un jour d’un diminutif affectueux en l’appelant « mon petit lapin ». La première fois, surprise, elle a fait semblant de rien. La seconde fois elle a mis les point sur les i en lui précisant qu’elle n’était pas un petit lapin, et encore moins son petit lapin. Malheureusement il a osé une troisième tentative. Le lendemain elle s’est acheté un costume de Bunny et elle s’est pointée au bureau dans son déguisement. Elle a expliqué le plus naturellement du monde, qu’elle pensait ainsi faire  plaisir à son patron, vu que de temps en temps il l’appelait « mon petit lapin ». Comme la femme du dit patron travaillait tous les matins à l’agence et que bien sûr elle n’était pas au courant, il y a eu des explications houleuses. Il a fallu toute la persuasion de ses collègues pour qu’elle accepte de revenir chez elle se changer, car elle était bien décidée à finir sa journée de travail dans sa tenue. Elle a démissionné quinze jours après cet incident, car selon son expression, l’ambiance au bureau était plombée….

Donc quand Aglaé a bien voulu écouter mon histoire jusqu’au bout, cela m’a fait un bien énorme. Et quand incrédule je lui ai demandé :

–           et tu me crois ?

Et qu’elle m’a répondu :

–           bien sûr, tu m’as jamais menti, et je ne vois pas pourquoi tu m’inventerai une histoire pareille.

Je me suis sentie toute revigorée.

–          Mais tu es la seule à me croire, tous les autres me traitent d’affabulatrice, je suis d’ailleurs un traitement pour ça.

–          T’occupes pas des autres m’a répondu Aglaé, c’est eux qui sont malades, pas toi.

Voici donc l’histoire qu’Aglaé a acceptée :

Un hôtel particulier

Tout a donc commencé le 3 décembre 2005. Mes souvenirs retrouvés me ramènent à une chambre d’hôtel ultra moderne. Comme y suis-je arrivée ? Je n’en ai aucun souvenir. Mais j’ai peut-être là-dessus une explication que je vous soumettrai le moment venu.

Lors de ma prise de conscience dans cette chambre d’hôtel, je n’ai bizarrement le souvenir d’aucune panique, comme s’il était normal que je sois là. C’est donc tout naturellement que je suis ensuite sortie de ma chambre lorsque la porte s’est automatiquement ouverte. J’ai rejoint d’autres clients, ou tout au moins des gens que je prenais pour tels, et je les ai suivis. Nous étions cinq dans ce couloir d’hôtel, et nous sommes arrivés dans une salle où nous attendaient cinq fauteuils.

Dès que nous avons été installés, le mur qui se trouvait devant nous s’est éclairé, révélant une série de box vitrés. Cinq box étaient occupés, le premier par une mouche géante, le second par une sorte d’extra-terrestre aux grandes oreilles, le troisième par un mille-pattes géant lui aussi, le quatrième par un koala tout gris avec des pattes de singe et le dernier par un autre extra-terrestre avec une grosse tête surmontée d’antennes ridicules.

Mis à part mon amie Aglaé, à ce stade de mon récit je perçois habituellement le net décrochage de mon auditoire. Je comprends alors l’inutilité de poursuivre plus avant mon récit et j’envoie tout balader.

Une drôle d’histoire

La mouche a pris la parole. A ce que j’en ai compris, ce droit lui revenait en tant qu’organisatrice de notre réunion. Quand je dis qu’elle a pris la parole, je ne veux pas simplement dire qu’elle a fait du bruit avec sa bouche, je veux dire que je  comprenais ce qu’elle disait. Elle parlait d’ailleurs un excellent Français avec un accent très agréable.

Et merde, c’était une mouche qui parlait, c’est tout !

D’ailleurs tant que j’y suis, autant vous dire que les mille pattes, koala et autres extra-terrestres parlaient aussi un excellent français.

La mouche qui parlait français donc, après avoir remercié les autres d’avoir si promptement répondu à sa convocation a exposé à peu près en ces termes l’objet de notre réunion :

–           Nous sommes inquiets au plus haut point sur la tournure que prend l’évolution de la vie sur la planète Terre. Comme le prévoit le règlement, nous avons donc réuni une assemblée plénière  des espèces ayant accédé à la connaissance suprême pour en débattre et prendre éventuellement les décisions qui s’imposent.

A ce stade je m’imaginai encore faire partie des espèces ayant accédées…mais quand la mouche a dit :

–            .pour étayer notre réflexion, nous aurons à notre disposition, cinq spécimens de l’espèce terrestre qui nous inquiète.

J’ai alors  réalisé que je faisais partie des rats de laboratoire.

–          Afin de respecter au mieux les contraintes biologiques de chacun, a poursuivi la mouche, chacune de nos réunirons durera une heure, chaque séance étant séparée de la suivante et par alternance d’une coupure d’un quart d’heure puis d’une coupure de deux heures. Et ceci durant les 3 jours à venir.

–          ah non ! .me suis-je offusquée, ce rythme ne convient absolument pas à mes contraintes biologiques !

–          Nous mesurons le temps en heure universelle, me répondit la mouche. Une heure correspond à environ 4 heures 30  de votre temps.

–          Excusez-moi, je ne pouvais savoir, répondis-je sur un ton d’extrême humilité.

Un rapide calcul mental pour comprendre que nous allions être réunis sur des séances de 4 heures 30 et que nous aurions alternativement des pauses de 1 heure  et de 9 heures.

Voilà qui me convenait mieux…

à suivre…

Le Jugement (1er épisode)

Sidonie

Avec l'aimable autorisation de Idea go / FreeDigitalPhotos.net

Je m’appelle Sidonie, j’ai 46 ans et je vis dans un petit village de l’Hérault. Avant cette affaire J’étais mariée, mais notre couple n’a pas résisté aux événements, comme on dit. En fait je ne suis pas vraiment sure que ce soit la cause réelle de notre séparation, c’en est en tous cas devenu la cause officielle.
Avec mon mari, nous avions une vie sexuelle tout à fait normale, enfin qui me paraissait tout à fait normale. Ce qui n’a plus été le cas après mon traumatisme. Le jour où je me suis permis de lui en faire la remarque, il m’a expliqué qu’il avait effectivement du mal à retrouver notre ancienne complicité, que je l’inquiétais en quelque sorte. Il a essayé de me rassurer en me disant que tout cela devrait rentrer dans l’ordre avec le traitement médical que je suivais.
J’ai donc redoublé d’application pour bien respecter la prise de mes médicaments, jusqu’au jour ou j’ai découvert qu’il suivait de son côté une thérapie parallèle auprès d’une jeune minette plutôt bien roulée et de dix ans plus jeune que moi.
Les deux thérapies étant assurément incompatibles nous avons convenu de nous séparer.
De feu mon mariage il me reste deux filles, mais aucun soutien n’est venu de ce côté-là pour ce que j’avais.
Mon aînée m’a clairement demandé de ne surtout pas évoquer mes hallucinations devant ses relations, quant à la seconde n’ayant pas eu la franchise de sa sœur, elle a tout simplement cessé d’inviter ses copines chez nous.

Pour terminer les présentations, il me reste à vous dire que je suis journaliste indépendante, travaillant à la prestation tant pour des revues françaises qu’espagnoles car j’ai de par ma mère reçue une double éducation.
Jusqu’au 3 décembre 2005, j’avais une existence heureuse. Enfance sans soucis dans une famille unie, adolescence idem, pas de problèmes majeurs avec les garçons (toujours un de rechange au bon moment)  mariage heureux, boulot intéressant. Je me méfiais de rien tant tout baignait pour moi.

Le jour où tout a basculé

Mais le 3 décembre 2005 il m’est arrivé un truc.
C’était un samedi, j’étais allée à Montpellier  faire des achats de Noël, et là le trou noir. Je ne suis réapparue que 12 jours plus tard soit le jeudi 15 décembre.

Comme ma vie s’est arrêtée dans les rues de Montpellier et qu’elle a repris au même endroit, je ne me suis tout d’abord aperçue de rien, si ce n’est une sorte de sensation bizarre. J’ai vraiment commencé à m’inquiéter lorsque je n’ai pas retrouvé ma voiture au parking où j’étais sure de l’avoir laissée. J’ai voulu appeler à la maison mais personne ne répondait au téléphone, ce qui m’a étonné car pour moi on était toujours samedi. J’ai laissé un message sur le portable de mon mari et j’ai pris un taxi pour rentrer.

Et là j’en ai pris plein la gueule.
Je ne vous raconte pas le comité d’accueil.
Mais t’étais où ? …ça va pas de nous laisser 2 semaines sans nouvelles ?…non mais tu nous prends pour qui ?
Dans ces moments-là, bien que vous soyez pressé de questions, vos questionneurs  n’attendent pas de réponse de votre part. cela vous laisse le loisir de gamberger un max. Vous vous demandez ce qui a bien pu provoquer cet accès de folie collectif au sein de votre famille.

Peut-être le repas de midi ? Mais non, vous avez mangé la même chose et vous n’avez pas les symptômes…
Puis petit à petit  la vérité finit par s’imposer. Ce n’est pas eux qui sont malades, c’est vous !
Et là il y a de quoi devenir folle !!!

Ensuite viens le temps des examens médicaux, la recherche d’une tumeur au cerveau, les grands discours sur les cas cliniques d’amnésie, sans oublier les interrogatoires du commissaire de police, car une plainte a été déposée pour disparition.
Petit à petit on s’installe dans un autre confort, chaque jour nouveau amène son lot de petits riens qui vous aide à revenir dans le monde des vivants.
Pas de tumeur au cerveau, pas de séquelles apparentes, juste un trou de 12 jours.
Seule chose inquiétante, une observation qui tracasse le commissaire chargé de l’enquête : Lors de mon retour la petite culotte que je portais est propre et fraîche. Elle ne peut donc avoir été portée 12 jours sans avoir été lavée. Je n’ai la dessus aucune explication, mais je ne pardonnerai jamais à ce fouille merde d’avoir fourré son nez, au sens propre comme au figuré, dans mes petites affaires.
Je m’habitue malgré tout à ma nouvelle situation, même si je n’ai pas de réponse à toutes les questions.

La mémoire me revient

Puis arrive ce jour de malheur où je retrouve dans la doublure du manteau que je portais le 3 décembre 2005, 10 feuillets sténographiés de ma main.
Je prends toujours mes notes en sténo. Bien que tombée en désuétude aujourd’hui, cette pratique me vient de mes débuts journalistiques, lorsque je collaborais avec un  journaliste de l’ancienne école qui refusait tous les moyens modernes et m’avait payé des cours de perfectionnement.
Donc rien d’anormal dans l’existence de ces feuillets, rien d’anormal non plus de les retrouver dans la doublure de mon manteau, puisque la doublure de poche intérieure est décousue depuis longtemps et qu’elle l’est toujours.
Ce qui est anormal, c’est que je n’avais à l’époque aucun souvenir d’avoir pris ces notes.

Lors de la première lecture, j’ai d’abord pensé qu’il s’agissait de notes sur un scénario de science-fiction. Mais après plusieurs lectures j’ai eu cette sensation bizarre de quelque chose de vécu.
Un peu comme si lorsque vous visionnez une séquence pour la deuxième fois, votre cerveau à la prescience des images et des paroles qui vont venir. Mais si vous avez été l’acteur de la scène qui se déroule sous vos yeux, en plus des images et des paroles arrivent à votre mémoire des souvenirs plus subtils tels que des odeurs où la caresse du vent sur votre peau, choses perçues lors du tournage que seul peut ressentir quelqu’un qui a vécu la scène.
Cette découverte m’a fait passer des jours d’enfer à me torturer l’esprit, pour faire remonter en surface les souvenirs les mieux enfouis. Et chose incroyable,  j’y suis parvenue.

Et après cela a été pire.
Car au moment où je refais surface en libérant mon esprit de son insupportable fardeau,  au moment ou j’entrevoie enfin une petite lumière au bout de mon tunnel, mon entourage refuse mon histoire et me renvoie inéluctablement à la folie.
Nouveau traitement, nouvelle reconstruction, renfermement sur soi, inexorable solitude, mais toujours, au fond de moi cette conviction que les faits que j’ai vécu s’inscrivent dans le réel et non dans mon imagination.
Mais cela on m’interdit de le dire, et moi, pendant des mois j’essaie de m’interdire de le penser.
Jusqu’au jour où j’en parle à Aglaé.

Et elle m’écoute.
Elle m’accepte.
Elle me sauve.

A suivre….

la perception de la mort

Lors de l’écriture de la série Héritages, j’ai été conduit à m’interroger sur la façon dont la mort pouvait être perçue aux différents âges de l’humanité.

avec l'aimable autorisation de farconville / FreeDigitalPhotos.netDans le premier tome (Tous les sentiers sont possibles) édité fin Janvier 2014, mes personnages évoluent au tout début de l’humanité. Leur préoccupation permanente est la survie ; trouver de quoi se nourrir tout en échappant aux nombreux prédateurs, tel est leur souci quotidien. Dans ce contexte,  il n’y a pas de place pour la compassion. A cette époque, on meurt principalement par accident, rarement de vieillesse. La mort n’est pas réellement expliquée, elle est simplement constatée et interprétée comme  la séparation du corps  et de l’esprit de vie qui l’anime. La chasse  a appris aux hommes que l’esprit de vie quitte habituellement un corps meurtri. L’enveloppe charnelle qui reste après la mort peut être consommée, et l’absence d’empathie  ouvre la porte au cannibalisme.  Toujours par l’observation, on a compris qu’il faut apporter un maximum de confort à un corps blessé afin d’inciter son esprit de vie à ne pas s’en aller.  On ne s’interroge surement pas encore sur un monde de l’au-delà,  vers lequel une autre forme d’existence serait possible.

Un monde parallèle

Dans le second tome (Premiers obstacles sur le chemin) qui paraîtra vers le 25 Avril 2014, les consciences ont évolué. Nous sommes toujours à la préhistoire, mais 400 000 ans plus tard. Les hommes veulent déjà tout expliquer ; même ce qui les dépasse. Leur conscience de la mort est bien différente. Certes il y a toujours cette dissociation entre le corps et l’esprit, mais désormais il convient d’accompagner cet événement d’un rituel spécifique.  Ne pouvant apporter une explication rationnelle à ce changement d’état, on s’est inventé une légende moins traumatisante, et pour lui donner force on se doit de l’habiller d’un cérémonial rigoureux.  Imaginer un monde parallèle vers lequel partiraient  les esprits des morts était une croyance facile à instaurer. Ce monde parallèle est en effet parfaitement tangible et il se manifeste régulièrement. C’est la foudre, c’est le tremblement de terre, c’est l’arc en ciel qui sont autant de phénomènes inexplicables sans l’existence d’une volonté invisible qui commande tout cela. Comme l’esprit qui abandonne un corps meurtri est lui aussi invisible, rien d’étonnant qu’il reparte vers ce qui lui ressemble tant.

De nos jours

Aujourd’hui nous avons beaucoup progressé dans la compréhension des phénomènes naturels qui intriguaient tant nos ancêtres. Il est malgré tout intéressant de constater que certains rituels se sont perpétués jusqu’à nos jours, et que bien que le phénomène de la mort ait reçu une explication tant scientifique que philosophique, les rituels persistent.

C’est que la mort reste un sujet tabou, une échéance que l’on refuse d’envisager par peur de lui donner corps. C’est bien pourtant, dans toute une vie d’homme la seule certitude tangible à laquelle nul ne peut échapper.

Même dans le langage quotidien, on cherche à cacher une vérité dérangeante. On emploie des expressions comme « sauver une vie » pour dire que l’on a différé une mort, comme si cela pouvait laisser persister une illusion d’immortalité.

Depuis quelques décennies tout est fait pour bannir la mort de notre quotidien.  La chasse, première activité humaine, est aujourd’hui considérée par beaucoup comme une pratique barbare relevant d’une époque révolue. On fait tout pour occulter la relation viande/animal auprès des jeunes enfants. Les personnes âgées ne sont plus accompagnées vers la mort par leurs proches, mais confiés à des professionnels au sein de services de soins palliatifs.

Nous nous organisons au mieux pour éloigner de nous, autant que faire se peut, l’épreuve traumatisante qu’est la rencontre avec la mort. Épreuve traumatisante à double titre, par la perte qu’elle induit d’un être cher, et par la prise de conscience de notre propre mort à venir, et à laquelle malgré tous les efforts déployés nous n’arriverons pas à échapper.

Je demande par avance pardon aux lecteurs de cet article, pour avoir transgressé un tabou et les avoir peinés par une conclusion qui manque résolument d’optimisme. Mais pourtant il me semble que la vie a bien plus de saveur si l’on garde présent à l’esprit son caractère éphémère.

La place de la femme à la préhistoire

Des lecteurs du premier tome de la série Héritages se sont inquiétés de la place, trop honorable à leurs yeux, que je réservais à la Femme dans cet ouvrage. On a prehist 2certes assez peu d’information sur le statut féminin à cette époque reculée, mais deux éléments m’ont convaincu d’adopter cette position.

Tout d’abord la documentation que j’ai pu consulter au préalable, et dans laquelle je n’ai pas trouvé état d’un statut inférieur fait à la femme, dans les sociétés primitives. Certaines tâches secondaires sont bien souvent spécialement réservées aux femmes, comme la préparation des repas ou le soin des jeunes enfants, mais cela relève plutôt d’une organisation naturelle des compétences, que d’une volonté délibérée de confiner la femme dans des tâches subalternes.

Parmi les lectures se rapportant à cette époque et dont je me suis inspiré pour créer l’intrigue de ce premier roman,  il y a la série « Les enfants de la terre » de Jean-marie AUEL. Ayla, héroïne principale de cet ouvrage remarquable et très documenté,  est une femme qui s’élève jusqu’au statut de prêtresse de sa tribu.

Ensuite, pour moi l’homme est issu du monde animal. Je ne conteste pas la supériorité de l’homme sur le reste de la création, mais cette supériorité s’est construite au fil des générations. Elle n’était surement pas si évidente que cela à la préhistoire. Le comportement de l’homme préhistorique était donc vraisemblablement plus proche du comportement animal qu’il nous est facile d’observer autour de nous, que de celui de l’homme moderne. L’observation de ce monde animal me montre que nulle espèce à ma connaissance ne traite la femelle en être inférieur.

Des atouts partagés

Le sort peu enviable fait à  la femme par certaines civilisations,  est l’exemple même de ce que je dénonce dans mon ouvrage, et qui est que la société ne se construit pas de façon naturelle dans un souci d’amélioration constante, mais que les puissants organisent toujours la société pour servir prioritairement leurs intérêts.

Je pense donc que la femme primitive était bien l’égale de l’homme. Dans certaines civilisations, son statut a commencé à se détériorer dès que la société s’est structurée, et qu’une compétition s’est engagée entre individus.  Bien que la plupart du temps de constitution physique moins robuste que celle de l’homme, la femme ne manquait pourtant pas d’atouts d’autres natures dans cette compétition, et je pense qu’elle a pu honorablement rivaliser.

Dans « Tous les sentiers sont possibles » la société que j’ai imaginée n’est pas structurée, chacun est reconnu pour ses qualités, car la survie de tous dépend du bon usage des qualités individuelles. De ce fait, Yorga qui vient d’une tribu plus évoluée que Burk son compagnon, se trouve bien souvent dans un rôle de leader, pleinement assumé et accepté.

La morale au service du pouvoir

La femme n’a réellement perdu son statut que lorsque la morale, bien souvent religieuse, s’est naturellement rangée du côté  des plus forts, leur permettant ainsi  d’asseoir un peu plus leur pouvoir.

A partir de là une longue lutte de reconquête a du s’engager dans ces civilisations rétrogrades. Une lutte inégale, qui a demandé d’énormes sacrifices et qui en demande toujours, et dont chaque avancée est pourtant une victoire sur l’obscurantisme et l’ignorance qui profite à toute la société.

Darwin

Une victoire indéniable

L’environnement est en mutation permanente, du fait de l’expansion de l’univers tout d’abord mais aussi du fait de la pression des organismes vivants qui le avec l'aimable autorisation de Stuart Miles / FreeDigitalPhotos.netpeuplent. Tout organisme vivant ne peut vivre qu’en symbiose avec le milieu dans lequel il évolue. Il prospère ou régresse en fonction de ses qualités d’adaptation. Un organisme vivant qui serait tout à coup privé de sa faculté d’évolution serait à plus ou moins long terme voué à disparaître.

Parmi tous les organismes vivants qui peuplent notre monde, il est indéniable que l’homme moderne exerce une pression énorme sur les milieux qu’il habite, accélérant ainsi leur mutation. Mais comme il est capable de déchiffrer toutes les interactions générées, l’homme est à même de concevoir les parades à mettre en œuvre pour se protéger des effets pervers prévisibles. Ses capacités cognitives font en effet de l’humanité,  la seule espèce capable d’ériger des remparts pour se protéger des effets nuisibles, avant même d’en avoir ressenti la morsure. Cette suprématie est une conquête dont nous ne pouvons que tirer honneur, elle présente cependant à mes yeux un risque majeur. C’est qu’en protégeant les individus d’effets néfastes, elle prive l’espèce de ses facultés d’évolution, conformément aux règles de la sélection naturelle révélées par DARWIN au début du 19ème siècle.

 Le prix a payer

Ces derniers siècles, l’homme moderne s’est hissé au sommet de la pyramide. Sa pharmacopée et ses techniques lui permettent aujourd’hui de repousser la plupart des causes de mortalités qui affectent le reste du vivant. Tout individu qui naît aujourd’hui dans un pays développé a une  forte probabilité d’atteindre l’âge adulte et donc d’avoir une descendance. Pour notre bonheur, la mortalité infantile est aujourd’hui réduite à la portion congrue. De ce fait, dans nos sociétés modernes, chaque femme met au monde en moyenne un peu moins de deux enfants. Chaque petite famille s’efforce de compenser la quantité par la qualité. Nos enfants sont choyés et s’épanouissent  dans un monde où chacun s’efforce de les protéger des dangers connus. L’homme maîtrise aussi bien son environnement que sa procréation. Dorénavant les faibles procréent autant que les forts. Il n’y a plus de sélection naturelle.

 Un choix d’avenir 

 Il n’est pas ici question de réclamer un retour  en arrière de quelques siècles pour soumettre à nouveau l’homme moderne à la sélection naturelle. Cela serait inconvenant et inconcevable. Il s’agit simplement de faire le constat qui s’impose et tenter d’imaginer  qu’elles en seront à terme les conséquences.

L’homme a maintenant pris conscience de sa responsabilité dans l’accélération des mutations écologiques. Il a commencé à prendre quelques mesures pour limiter son empreinte environnementale. Malheureusement, le nombre d’humains ne cessant de croître pour bientôt atteindre les neuf milliards d’individus, il est peu probable de voir le phénomène ralentir.

En s’affranchissant des lois de la sélection naturelle, l’humanité s’est irrémédiablement engagée dans une voie à part et tout retour en arrière lui est désormais interdit.

Deux options s’offrent désormais à nous : soit l’homme moderne multiplie les remparts pour se protéger de environnement qui lui sera de plus en plus hostile, soit il  s’autorise à des manipulations du génome humain de façon à doter chaque nouvelle génération d’un patrimoine génétique adapté à l’environnement qui sera le sien.

Utopie (2ème partie)

Rappel 1ère partie

Dans mon article précèdent je vous ai donné un aperçu du monde imaginaire vers lequel ma réflexion m’a conduit. Un monde organisé en communautés autonomes, avec l'aimable autorisation de jscreationzs / FreeDigitalPhotos.netrespectueuses de l’environnement. Dans ces communautés, les individus compensent la perte des joies de la consommation par  un meilleur relationnel, et par la poursuite d’un idéal de vie porteur de sens. Pour inciter chacun à donner le meilleur de lui-même, et ne pas abuser du pouvoir que confère l’ancienneté,  j’ai convenu de limiter les missions  à six mois.

Avant de dévoiler un peu plus cette société  imaginaire, je tiens à rappeler que ma démarche se veut juste intellectuelle, et qu’elle est la suite logique d’une réflexion qui me conduit au constat que notre organisation actuelle, qui mondialisation oblige se propage à toute la planète, nous pousse vers une impasse.

Communauté et Supra-communauté

Chaque communauté est libre de sa gestion quotidienne, qu’elle organise comme elle l’entend. La seule règle qu’elle ne peut modifier est celle de l’alternance,  qui limite à six mois toutes les missions de ses membres. Les communautés sont regroupées au sein d’une organisation virtuelle : la « supra-communauté ». Chaque communauté doit en tous points rechercher son autonomie, cela dans le but de limiter au maximum le déplacement des biens de consommation. Toutefois, afin de renforcer la cohésion au niveau de la «supra-communauté », il est imposé à chaque communauté de conduire une activité au service des autres communautés. Ce pourra être la production d’un bien particulier ou la fourniture d’un service. La liberté des individus sera d’autant plus grande qu’ils auront conscience d’appartenir à la «supra-communauté » et se regarderont comme des résidents temporaires d’une communauté particulière.

Les postes se libérant tous les six mois, chaque membre de la « supra-communauté » devra planifier son avenir. Il pourra le faire en changeant de communauté, mais il pourra faire le choix de rester un certain temps au sein d’une communauté ou il se sent bien. Les choix sont libres en fonction des disponibilités, et sont seulement  soumis à un comité d’affectation. Ce comité est uniquement chargé de vérifier que les compétences du postulant sont non pas optimum, mais acceptables pour le poste convoité. Du fait d’une vie en communauté, la plupart des travaux s’effectuent en équipe, la compétence ne se mesure plus au niveau de l’individu mais au niveau de l’équipe.

Que ce soit au sein de la «supra-communauté », ou au sein des communautés, tous les postes de direction sont exercés par un comité de trois membres. Au sein de ces comités les décisions sont prises à l’unanimité, obligeant une recherche permanente du consensus. Du fait de l’alternance chaque six mois, les comités se renouvelleront par tiers de deux mois en  deux mois ; il ne peut donc y avoir de blocage d’une décision sur une longue période.  Les comités auront les pleins pouvoirs pour décider et réformer dans leur domaine de compétence. Ils n’auront de compte à rendre à personne. Leur action, sans être sanctionnée, sera cependant jugée par le regard permanent des membres de la communauté.  Je fais le calcul que ce regard attentif sera suffisant pour inciter chaque responsable à agir avec discernement.

Après une mission de six mois chaque membre de la « supra-communauté » sera libre  de son emploi du temps. Le temps libre pourra être utilisé en temps de loisir, de perfectionnement, de formation mais pourra également donner lieu à des actions de bénévolat.   Durant ce temps libre les membres seront hébergés dans les communautés de leur choix, en fonction des capacités d’accueil. Cela signifie que chaque communauté devra prévoir une capacité d’accueil pour les membres en vacances.

Le cahier des charges

Par cette organisation, évoquée en quelques lignes, j’ai voulu supprimer l’esprit de compétition, j’ai voulu empêcher que certains puissent accaparer le pouvoir, j’ai cherché à limiter au maximum l’empreinte environnementale et enfin j’ai voulu un monde sans exclusion, où chacun puisse trouver une place en fonction de ses aspirations et de ses capacités.  C’est un cahier des charges exigeant qui oblige à de nombreux sacrifices. Le résultat ne peut donc être une société idéale, mais un compromis acceptable.

Quand j’évoque ce modèle de société autour de moi, la plupart des gens avec qui j’aborde le sujet, le jugent irréaliste et se disent à mille lieues d’être tenté par mon utopie.  Il est vrai que ce sont la plupart du temps des personnes qui ne sont pas dans l’exclusion. Mais en serait-il autrement avec des personnes moins nanties ? J’en doute, tant la crainte du changement est profondément ancrée au fonds de chacun d’entre nous.

J’ai aussi l’impression que ce sujet est tabou. Critiquer la société actuelle est un exercice auquel tout le monde se livre, proposer une réforme sur un point précis aussi, mais imaginer une nouvelle société cohérente dans son ensemble ne se fait pas.

Par cet article, J’espère simplement inciter quelques-uns de mes lecteurs à profiter de mon ouverture pour transgresser cet interdit  et me faire part de leur vision des choses.

Par avance merci.

Utopie (1ère partie)

A la recherche d’un avenir

Parce que la société mondialisée qui se construit aujourd’hui nous conduit à une impasse, j’ai rêvé un monde vertueux. Un monde ou l’homme serait au centre de avec l'aimable autorisation de Photokanok / FreeDigitalPhotos.netl’échiquier.  Un monde ou la solidarité serait garante du bien être social. Pour pouvoir envisager ce monde j’ai du m’affranchir de la démocratie, trop imparfaite. J’ai du imaginer une organisation sociale qui incite chaque individu à affirmer ses qualités plutôt que ses défauts.

Un regard sur l’histoire m’a fait comprendre que toutes les sociétés se  construisent par l’usage, les lois ne venant qu’à posteriori,  pour  contenir les dérives préjudiciables à la cohésion sociale.  Par cette construction, l’élite se trouve valorisée et fait tout pour maîtriser l’évolution dans le sens de ses intérêts.

J’ai la conviction qu’en faisant l’effort d’inverser le processus, c’est-à-dire en pensant les règles sociales à priori, avant qu’elles ne viennent s’imposer naturellement, nous pouvons concevoir une organisation vertueuse. Si en plus les règles sont aisément modifiables sans qu’elles ne deviennent l’apanage des plus forts, nous aurons une organisation pérenne souple et perfectible.

Démocratie ou Alternance

Pour faire en sorte que le pouvoir ne soit accaparé par les plus forts il n’y a que deux approches possibles : soit poser comme préalable qu’il sera exercé par un élu choisi démocratiquement, soit le déposer entre les mains d’un leader non démocratiquement choisi, mais faire en sorte que ce soit pour une durée limitée dans le temps.

La démocratie a montré ses limites, elle conduit à une société qui se complexifie au fil du temps, elle est incapable de décisions rapides et elle cultive les clivages de la société en vue des échéances électorales à venir. Si l’on ajoute à cela qu’elle encourage les compromissions, la corruption et le mensonge, on peut s’autoriser à regarder vers la seconde option que je nommerai « Alternance« .

Donner les pleins pouvoirs à un leader  parait de prime abord risqué, mais je vois mal pourquoi un individu revendiquerait le pouvoir, pour en faire un mauvais usage, s’il sait que son pouvoir ne lui est accordé que pour un laps de temps limité. Il a au contraire tout intérêt à marqué son mandat du sceau de l’efficacité pour en tirer prestige.

Respect de l’environnement

Minimiser l’empreinte écologique de la société est un impératif. Pour ce faire il est indispensable de réduire l’usage des biens matériels. Nous pouvons y parvenir sans trop de perte de confort si nous augmentons la taille des communautés de vie. En passant par exemple d’une cellule familiale à une communauté de plusieurs dizaines d’individus nous réduisons considérablement le nombre d’équipements ménagers tout en conservant le même confort.  Nous réduirons aussi considérablement l’impact écologique de chaque communauté si nous limitons au strict nécessaire tout ce qui est échange de biens. Chaque communauté devra chercher à obtenir son autonomie tant énergétique qu’en matière de production des biens de consommation qui lui sont nécessaires.

Il sera possible de compenser la frustration due à la baisse de  consommation des biens matériels par une offre plus importante dans les domaines de l‘art et de la culture, et surtout par un relationnel plus riche au sein d’une communauté élargie. Ce relationnel peut aussi devenir un handicap s’il est mal vécu, il faudra donc profiter de l’alternance pour offrir  à chaque individu une possibilité de changement de communauté.

Voici tracées les grandes lignes de mon monde imaginaire. Dans un prochain article je vous donnerai plus de détail sur les rouages que j’imagine. Mais en attendant, je vous invite à réagir, à me faire part de vos propres réflexions et de vos craintes pour ce monde nouveau.

Publication

C’est avec plaisir que je vous annonce le lancement du premier tome de la série d’Héritages :
                     « Tous les sentiers sont possibles« .
http://www.amazon.fr/Tous-sentiers-sont-possibles-H%C3%A9ritages-ebook/dp/B00I4BYBAW/ref=la_B00I543DYS_1_1?s=books&ie=UTF8&qid=1391176458&sr=1-1
Pour ceux que cela intéresse, ce week-end , vous pouvez télécharger gratuitement « Tous les sentiers sont possibles  »  à  partir du lien suivant :