La place de la femme à la préhistoire

Des lecteurs du premier tome de la série Héritages se sont inquiétés de la place, trop honorable à leurs yeux, que je réservais à la Femme dans cet ouvrage. On a prehist 2certes assez peu d’information sur le statut féminin à cette époque reculée, mais deux éléments m’ont convaincu d’adopter cette position.

Tout d’abord la documentation que j’ai pu consulter au préalable, et dans laquelle je n’ai pas trouvé état d’un statut inférieur fait à la femme, dans les sociétés primitives. Certaines tâches secondaires sont bien souvent spécialement réservées aux femmes, comme la préparation des repas ou le soin des jeunes enfants, mais cela relève plutôt d’une organisation naturelle des compétences, que d’une volonté délibérée de confiner la femme dans des tâches subalternes.

Parmi les lectures se rapportant à cette époque et dont je me suis inspiré pour créer l’intrigue de ce premier roman,  il y a la série « Les enfants de la terre » de Jean-marie AUEL. Ayla, héroïne principale de cet ouvrage remarquable et très documenté,  est une femme qui s’élève jusqu’au statut de prêtresse de sa tribu.

Ensuite, pour moi l’homme est issu du monde animal. Je ne conteste pas la supériorité de l’homme sur le reste de la création, mais cette supériorité s’est construite au fil des générations. Elle n’était surement pas si évidente que cela à la préhistoire. Le comportement de l’homme préhistorique était donc vraisemblablement plus proche du comportement animal qu’il nous est facile d’observer autour de nous, que de celui de l’homme moderne. L’observation de ce monde animal me montre que nulle espèce à ma connaissance ne traite la femelle en être inférieur.

Des atouts partagés

Le sort peu enviable fait à  la femme par certaines civilisations,  est l’exemple même de ce que je dénonce dans mon ouvrage, et qui est que la société ne se construit pas de façon naturelle dans un souci d’amélioration constante, mais que les puissants organisent toujours la société pour servir prioritairement leurs intérêts.

Je pense donc que la femme primitive était bien l’égale de l’homme. Dans certaines civilisations, son statut a commencé à se détériorer dès que la société s’est structurée, et qu’une compétition s’est engagée entre individus.  Bien que la plupart du temps de constitution physique moins robuste que celle de l’homme, la femme ne manquait pourtant pas d’atouts d’autres natures dans cette compétition, et je pense qu’elle a pu honorablement rivaliser.

Dans « Tous les sentiers sont possibles » la société que j’ai imaginée n’est pas structurée, chacun est reconnu pour ses qualités, car la survie de tous dépend du bon usage des qualités individuelles. De ce fait, Yorga qui vient d’une tribu plus évoluée que Burk son compagnon, se trouve bien souvent dans un rôle de leader, pleinement assumé et accepté.

La morale au service du pouvoir

La femme n’a réellement perdu son statut que lorsque la morale, bien souvent religieuse, s’est naturellement rangée du côté  des plus forts, leur permettant ainsi  d’asseoir un peu plus leur pouvoir.

A partir de là une longue lutte de reconquête a du s’engager dans ces civilisations rétrogrades. Une lutte inégale, qui a demandé d’énormes sacrifices et qui en demande toujours, et dont chaque avancée est pourtant une victoire sur l’obscurantisme et l’ignorance qui profite à toute la société.

9 réflexions au sujet de « La place de la femme à la préhistoire »

  1. Bonjour Serge,
    Article de fonds, comme à chaque fois solidement argumenté.
    Pour ma part, je défends en toute première valeur, parce qu’elle est condition de la coévolution indispensable :  » tout être humain a une égale valeur et importance potentielles par rapport à tout autre humain ».
    Il semble que nous sommes en même direction.
    Cependant sur le terme « venant d’une tribu plus évoluée, il prend le leadership. »
    Je connais des individus très cultivés qui n’ont aucune sagesse pour se voir attribuer un leadership. je pense même qu’il ne se prend pas, il est donné, ou pas. Sinon, c’est un exercice abusif de force et pouvoir.
    Mais peut-être venait-t-il d’une tribu « plus sage ».
    Cette réflexion n’enlève rien à la qualité de votre article. Elle est seulement réflexion humblement proposée.
    j’ai pris plaisir à vous lire, j’y reviendrai.
    bonne journée.

    • Christian,
      Merci pour ce commentaire constructif..
      Je reconnais que le savoir sans sagesse ne devrait pas faire un leader.
      Malheureusement notre système démocratique donne aujourd’hui la préférence aux débrouillards. Pour réussir il faut savoir se vendre, il faut savoir paraître.
      Ne pensez vous pas que dans une tribu préhistorique, seul le comportement au jour le jour était pris en compte pour le choix d’un chef ?
      Et ne pensez vous pas, qu’avant que la morale ne vienne les cantonner dans leurs foyers, les femmes avaient toutes leurs chances ?
      Bonne journée.

      • Bonjour Serge,
        Merci d’avoir consulté mes réflexions. Vos questions ouvrent un débat important. Il me semble se situer dans le changement de paradigme actuel. Les bouleversements introduits par les NTIC induisent (et peut-être imposeront) un changement complet des mécanismes de pouvoir dans les organisations humaines. Il s’agit de passer de l’exercice vertical du pouvoir, à l’exercice horizontal du pouvoir. Ceci est présenté dans le travail sur la coévolution qui remplacera la compétition-domination en train de s’auto-détruire. Et dans cette incontournable évolution, la femme trouvera probablement sa juste place, parce qu’elle est beaucoup plus douée pour cela. c’est ainsi qu’elle est « l’avenir de l’Homme ».
        Veuillez croire à mon attention respectueuse pour votre travail…

      • Bonsoir Christian,
        Je pense aussi que l’avenir de l’Homme sera bien plus serein si la femme est partie prenante à sa construction.
        Mais dans les jeux de pouvoir il ne faut jamais baisser la garde.
        Des forces obscures peuvent à tout moment venir compromettre l’avenir.
        En tout cas merci pour ces échanges de qualité.

  2. Merci Serge pour ce très bel article !
    Dans mon travail de tous les jours (je suis graphologue) je peux vous assurer qu’il n’y a que le sexe qui est différent car, quel que soit l’être humain, chacun a ses qualités, ses défauts, ses points forts et ses points à améliorer. Personne ne déroge à la règle.
    Il est vrai que dans la mémoire collective, l’homme est considéré comme le chasseur et la femme comme la gardienne du nid. Mais les temps changent ou nous obligent à changer. De plus, la scolarisation de tous les enfants a changé aussi les paramètres. On s’aperçoit que les filles sont très souvent major de promo. Et elles ne sont pas des majorettes pour faire joli et ne sont pas là pour mener les gens à la baguette. Elles font leur travail tout aussi bien qu’un homme.
    Quand la journée de la femme n’aura plus lieu d’être, au fond rien ne changera parce que la sienne sera toujours aussi bien remplie.
    Au plaisir de vous lire.

    • Bonjour Catherine,
      Je me félicite moi aussi du statut que la femme retrouve dans notre société. Il reste du chemin à faire, mais beaucoup a déjà été fait. Il faut cependant rester très vigilant, car rien n’est définitivement acquis pour la femme. La sérénité ne sera possible que lorsque la femme musulmane se sera libéré de la chape moralisatrice qui pèse sur ses épaules. Des avancées intéressantes commencent a apparaître avec le « printemps arabe » mais le chemin est encore long.
      Concernant la journée bien (trop) remplie de la femme, ne pensez vous que le combat doit maintenant se déplacer de la rue vers le foyer ? Je veux dire par là que le combat de rue a chez nous fait tomber suffisamment de tabous pour que chaque couple cherche en son sein une répartition équitable des tâches ?
      Bonne journée.

      • En ce qui concerne les femmes musulmanes, je reste mesurée car, pour avoir vécu dans une ville où la religion musulmane était bien représentée, je peux vous affirmer que certaines d’entre elles recherchent une identité à travers leur voile. Elles veulent se faire remarquer et refusent de le retirer sans forcément mettre en avant leur religion. La recherche d’identité devient plus importante que le statut de femme et cela peut prendre un aspect pathologique.
        En ce qui concerne la journée de la femme, il est souvent dit qu’elle fait deux journées en une. La répartition des tâches est encore un peu compliquée, surtout quand on fait ménage à trois : la femme, le mari et sa maîtresse dévorante : son activité professionnelle. Pas facile de devoir tout assumer à la maison et si la femme n’est pas hyper indépendante et très organisée, il y a des problèmes, c’est sûr !
        J’ai été responsable d’une association de familles de militaires et je peux vous dire que les petits hommes verts toujours partis très loin sont souvent sur une autre planète quand ils rentrent. Il faut du temps pour qu’ils reviennent sur terre et ils ont à peine posé le pied au sol qu’il repartent.
        Je pense que de nombreuses activités professionnelles sont dans ce cas et la femme n’a pas d’autre choix que d’accepter ce concept…ou de partir.

        La femme a cela en elle : une grande capacité à assumer des tâches multiples d’où une polyvalence assurée. Cela se retrouve dans le milieu du travail où on lui reconnaît souvent une très grande organisation, de la rigueur et son pouvoir de hiérarchiser les problèmes….comme à la maison ! Les conseils d’administration très masculinisés commencent à accepter les femmes parmi eux parce qu’elles soulèvent des problèmes auxquels les hommes ne pensent pas forcément. Ce n’est pas moi qui le dit, c’est un article que j’ai lu il n’y a pas si longtemps et écrit par un homme.
        Doucement mais sûrement…
        Bonne journée !

  3. Catherine,
    Ce commentaire fait un tour très complet de la problématique de la condition féminine.
    C’est vrai qu’il reste encore du chemin à faire, mais je constate qu’il finit sur une note d’espoir « Doucement mais surement ».
    C’est vrai que les évolutions sont parfois trop lentes, pour en revenir à la femme musulmane, je dirasi simplement que quelques siècles en arrière, la femme catholique avait un statut à peu près comparable.
    Pour ce qui est des capacités, désormais reconnues des femmes en matière de gestion, organisation, j’abonde tout à fait en ce sens. Reste juste a bousculer les dernières barrières psychologiques pour ouvrir les dernières portes.

    Courage !!

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