Utopie (1ère partie)

A la recherche d’un avenir

Parce que la société mondialisée qui se construit aujourd’hui nous conduit à une impasse, j’ai rêvé un monde vertueux. Un monde ou l’homme serait au centre de avec l'aimable autorisation de Photokanok / FreeDigitalPhotos.netl’échiquier.  Un monde ou la solidarité serait garante du bien être social. Pour pouvoir envisager ce monde j’ai du m’affranchir de la démocratie, trop imparfaite. J’ai du imaginer une organisation sociale qui incite chaque individu à affirmer ses qualités plutôt que ses défauts.

Un regard sur l’histoire m’a fait comprendre que toutes les sociétés se  construisent par l’usage, les lois ne venant qu’à posteriori,  pour  contenir les dérives préjudiciables à la cohésion sociale.  Par cette construction, l’élite se trouve valorisée et fait tout pour maîtriser l’évolution dans le sens de ses intérêts.

J’ai la conviction qu’en faisant l’effort d’inverser le processus, c’est-à-dire en pensant les règles sociales à priori, avant qu’elles ne viennent s’imposer naturellement, nous pouvons concevoir une organisation vertueuse. Si en plus les règles sont aisément modifiables sans qu’elles ne deviennent l’apanage des plus forts, nous aurons une organisation pérenne souple et perfectible.

Démocratie ou Alternance

Pour faire en sorte que le pouvoir ne soit accaparé par les plus forts il n’y a que deux approches possibles : soit poser comme préalable qu’il sera exercé par un élu choisi démocratiquement, soit le déposer entre les mains d’un leader non démocratiquement choisi, mais faire en sorte que ce soit pour une durée limitée dans le temps.

La démocratie a montré ses limites, elle conduit à une société qui se complexifie au fil du temps, elle est incapable de décisions rapides et elle cultive les clivages de la société en vue des échéances électorales à venir. Si l’on ajoute à cela qu’elle encourage les compromissions, la corruption et le mensonge, on peut s’autoriser à regarder vers la seconde option que je nommerai « Alternance« .

Donner les pleins pouvoirs à un leader  parait de prime abord risqué, mais je vois mal pourquoi un individu revendiquerait le pouvoir, pour en faire un mauvais usage, s’il sait que son pouvoir ne lui est accordé que pour un laps de temps limité. Il a au contraire tout intérêt à marqué son mandat du sceau de l’efficacité pour en tirer prestige.

Respect de l’environnement

Minimiser l’empreinte écologique de la société est un impératif. Pour ce faire il est indispensable de réduire l’usage des biens matériels. Nous pouvons y parvenir sans trop de perte de confort si nous augmentons la taille des communautés de vie. En passant par exemple d’une cellule familiale à une communauté de plusieurs dizaines d’individus nous réduisons considérablement le nombre d’équipements ménagers tout en conservant le même confort.  Nous réduirons aussi considérablement l’impact écologique de chaque communauté si nous limitons au strict nécessaire tout ce qui est échange de biens. Chaque communauté devra chercher à obtenir son autonomie tant énergétique qu’en matière de production des biens de consommation qui lui sont nécessaires.

Il sera possible de compenser la frustration due à la baisse de  consommation des biens matériels par une offre plus importante dans les domaines de l‘art et de la culture, et surtout par un relationnel plus riche au sein d’une communauté élargie. Ce relationnel peut aussi devenir un handicap s’il est mal vécu, il faudra donc profiter de l’alternance pour offrir  à chaque individu une possibilité de changement de communauté.

Voici tracées les grandes lignes de mon monde imaginaire. Dans un prochain article je vous donnerai plus de détail sur les rouages que j’imagine. Mais en attendant, je vous invite à réagir, à me faire part de vos propres réflexions et de vos craintes pour ce monde nouveau.

10 réflexions au sujet de « Utopie (1ère partie) »

  1. Nous voici donc transportés au dernier chapitre de « Ainsi va la vie »? Je ne sais pas si c’est une utopie, sur certains aspects certainement mais ne faudrait il pas intégrer la perte de liberté indéniablement associée à la vie en communauté? OK sur les aspects économiques et écologiques mais il y aura une grosse barrière psychologique à franchir de mon point de vue et j’ai du mal à penser que de telles communautés se mettront en place de façon « naturelle ».

    • Chère Louma,
      Bien sur que les barrières psychologiques à franchir pour passer de l’Utopie au concret sont aujourd’hui infranchissables.
      Le but poursuivi n’est pas la mise en place mais la réflexion collaborative.
      Et n’oublie pas ce qu’a écrit John Maynard Keynes : « La difficulté n’est pas de comprendre les idées nouvelles, mais d’échapper aux idées anciennes. »
      Merci d’avoir apporté ton point de vue.

  2. Bonjour Serge,
    Merci pour cet article clair et engagé.
    Cependant, si j’adhère entièrement aux options sociétales proposées,
    je suis réservé sur l’aspect politique. Il suggère que nous pourrions être assurés de la bonne volonté d’un individu qui posséderait un pouvoir limité dans le temps.
    Même si je suis convaincu que l’être de lumière est en chacun de nous, le coté obscur est également présent. Pour ma part, je pense que c’est une éducation nouvelle dans sa forme et son contenu, qu’il conviendrait d’engager pour un avenir plus serein.
    Je vous exprime néanmoins toute ma sympathie pour votre engagement dans une utopie que nous poursuivons tous deux, si je ne me trompe pas.
    Bonne journée.

    • Christian,
      Bien sur, je comprends vos objections. Les notions d’homme lumière et de côté obscur rejoignent mon analyse. J’ai voulu penser une organisation qui fasse que chaque individu ait plus d’intérêt à révéler ses qualités que son côté obscur.
      Ne pensez-vous pas que la société d’aujourd’hui récompense mieux la débrouillardise que la vertu, que ce soit en politique ou dans le monde des affaires ?
      D’ailleurs que serait le commerce sans le mensonge et la tricherie ?
      Peut-on dire que nos grands patrons ou nos hommes politiques sont vertueux ?
      Pour ma part je dirai qu’ils savent utiliser toutes les faiblesses du système pour leur intérêt personnel (intérêt matériel avant tout). Ils savent qu’ils sont montrés du doigt par une bonne partie de la société, mais ils n’en ont cure tant les avantages qu’ils retirent de leur position compense nt cet inconvénient.
      Pourtant malgré leurs travers ces gens font partie de l’élite. Je suis convaincu qu’en modifiant les règles bon nombre d’entre eux seraient disposés à mettre leurs compétence au service de la communauté et ils s’appliqueraient à le faire bien, par souci de reconnaissance.
      En conclusion je dirai qu’on ne retirera jamais à l’homme son côté obscur, mais qu’on peut réfléchir à une organisation qui en minimiserai la portée.
      Vous parlez de la nécessité d’une éducation nouvelle, certes elle est indispensable mais à mon avis pas suffisante.
      Je vous remercie en tout cas d’apporter votre contribution à ce qui n’est pour l’instant qu’une vue de l’esprit destinée à faire avancer une réflexion collaborative.

      • Merci Serge pour votre précise attention.
        Il me semble que l’ouverture éducative à proposer est celle d’une démonstration constante qu’il y a plus et mieux à gagner dans le beau, le bien, le bon;
        « Des êtres sont riches de ce qu’ils ont ; et ils sont pauvres de ce qu’ils sont ;
        D’autres sont pauvres de ce qu’ils ont, et riches de ce qu’ils sont… »
        C’est un des petits cailloux que je voudrais laisser sur mon chemin…
        Et le ramasse qui veut…
        Continuez sur le vôtre, vous n’y êtes pas seul.
        En syntonie.

  3. Christian,
    Mon sentiment est qu’aujourd’hui le système est figé et quasi indéboulonnable, car les forces qui le maintiennent en place s’appuient sur un des défauts de l’Homme : la peur de perdre les avantages matériels qu’il a acquis. Tout un chacun maintien le système en place pour préserver ses acquis matériels, aussi maigres soient ils. Dans ces conditions l’éducation n’a que peu de prises, elle reste dans l’abstrait est n’a que peu d’influence dans le concret. Chaque individu entend les leçons de morale, mais peu nombreux sont ceux qui les appliquent au quotidien. Je reconnais cependant que l’éducation a un grand rôle à jouer car si elle n’était pas là cela serait bien pire.
    Encore merci de cet échange constructif.

  4. Bonjour Serge,
    C’est un début de réflexion intéressante, mes pensées ne sont pas lointaines de l’essence de tes propos.
    Tu as pu le voir, je dénonce aussi cette démocratie, et n’ai pas fini d’écrire à ce sujet.
    Brièvement je t’expose cela:
    Il est dommage que la démocratie soit résumé à un seul devoir: le suffrage universel.
    Je pense que la démocratie est sensée lorsqu’elle régit à petite échelle. Je suis pour que le peuple participe et non consomme uniquement ce que lui propose. Mais cette participation ne doit se faire que dans les micro-systèmes dans lesquels il évolue et où sa participation aurait un réelle impact. C’est à dire dans la vie de son quartier, dans le fonctionnement de l’école dont fréquentent ses enfants, dans l’organisation même du lieu où il travail, dans les choix de politique écologique de son environnement proche, etc. Mais c’est tout, il ne devrai pas intéragir dans les décisions qui le dépassent: gouvernement national, européen, enjeux sociaux et économiques. Ce pouvoir devrait être remis à des Leaders, qui ressembleraient peut être à ce que tu penses.

    Bref, le système dans sa globalité doit être renversé pour quelque chose de nouveau adapté à notre civilisation qui n’est plus la même que celle du début de notre république démocratique.

    A bientôt,

    W.

  5. Bonjour W ,

    Merci pour cet échange très intéressant, et constructif.
    Je fais aussi le constat que la démocratie à grande échelle s’est déshumanisée. Elle est plus au service du business que de l’homme. Ce qui n’est effectivement pas encore le cas dans la démocratie de proximité.
    Tu dis que le système dans sa globalité doit être renversé. J’ai personnellement nourri un temps cette envie révolutionnaire, mais j’en suis arrivé à la conclusion que c’était un combat perdu d’avance. Certes la très grande majorité de nos concitoyens critique le système mais a trop à perdre pour aller au-delà des critiques. J’ai choisi une voie plus en douceur, que j’essaye de conduire en deux étapes.
    La première étape est engagée. Elle consiste à conduire une réflexion sur une organisation sociale acceptable qui corrigerait les travers actuels.
    La seconde étape, si seconde étape il y a un jour, serait de réunir les conditions pour faire un essai à petite échelle de cette organisation.
    C’est un programme ambitieux, utopique … que je ne peux mener seul ; je t’invite donc à venir m’aider, par tes encouragements, par tes réflexions et par toute autre implication que tu jugeras utile et appropriée.
    Bien entendu cette invitation s’adresse également à tout lecteur de ce blog qui pourrait se sentir concerné par cette réflexion.
    Serge.

    • Bonjour Serge,
      Bien réceptionné votre ouvrage « héritages ». Merci.
      Je ne l’ai pas encore lu. Dans la suite de votre précédent commentaire,
      je propose d’utiliser à votre convenance mon site « corpus-humanitatis.com ».
      (6511 consultations à ce jour) Bien entendu, j’y fait figurer le vôtre sauf objection de votre part.
      Bonne journée.

      • Merci Christian,
        J’apprécie beaucoup votre proposition. Vous l’avez compris, je cherche à développer mon audience sur les réseaux sociaux, mais je n’ai pas toujours les bons réflexes, votre aide est donc la bienvenue.
        Lorsque vous aurez lu Héritages, je compte sur vous pour un échange de points de vue.
        Serge

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