Le progrès

Un bienfait discutable

 Nous avons été éduqués avec l’idée que le progrès était un  bienfait. Ce postulat est si profondément ancré dans notre subconscient collectif qu’il est presque sacrilège de le

avec l'aimable autorisation de renjith krishnan de FreeDigitalPhotos.net

remettre en cause. Bien sur, ce qu’on voit en premier dans le progrès c’est l’amélioration des conditions de vie de l’humanité, mais tous les progrès ne profitent pas à tout le monde.  A chaque évolution technologique, par manque de moyens cognitifs ou financiers, une frange de la population ne peut monter dans le train du progrès. Et comme ce train avance de plus en plus vite, tout retard devient quasiment impossible à rattraper. Cela fait des cohortes de gens en rupture,  partiellement exclus de la société. Cela crée des inégalités qui au sein de nos pays dits développés contribue à élargir la fracture sociale.

 Une accélération inquiétante

 Grâce au progrès, justement, l’homme a pu se doter d‘outils ultras performants qui décuplent sa capacité à penser, à modéliser ses projets, d’autres outils tout aussi performants décuplent sa dextérité et sa capacité à miniaturiser ses créations. Grace à ces nouveaux outils le rythme des évolutions technologiques s’est emballé. Le progrès est de plus en plus au service de l’économie, et de moins en moins au service de l’humanité.

De là à dire qu’il faudrait brider la recherche et l’innovation est un pas qu’il ne faut pas franchir. Les chercheurs ne sont pas responsables des mauvais usages faits de leurs découvertes, pas plus qu’ils ne le sont des effets pervers induits par les avancées technologiques dont ils sont à l’origine.

L’humanité doit continuer à s’instruire, à comprendre et à découvrir, c’est ce qui fait son essence même. Ce n’est pas les progrès de la connaissance qui posent problème c’est leur mise en application. Dans la société mondialisée, la recherche est fille de l’économie, et même si quelques chercheurs s’en défendent et revendiquent leur indépendance, leurs travaux ne seront reconnus que s’ils présentent un intérêt pour le monde des affaires.

Le libéralisme économique pousse les entreprises à profiter de l’avantage momentané que leur apporte une avancée technologique,  jusqu’à ce qu’un concurrent fasse un pas de plus et leur ravisse leur avantage. Pas étonnant  qu’ainsi aiguillonné le progrès s’accélère.

 Une maîtrise impossible

 Dans une société responsable, le bon sens voudrait qu’une réflexion soit menée avant toute exploitation commerciale d’une avancée technologique. Cette réflexion permettrait d’en évaluer l’intérêt global. A quoi bon, en effet, mettre en marché une innovation si la somme des effets pervers s’avère être à terme supérieure aux effets positifs ?

Cette notion facilement concevable si on l’applique à une communauté restreinte, devient irréaliste pour la  société mondialisée, car si le commerce s’est affranchi des frontières, les lois, elles,  sont toujours la propriété des états.

 Nous sommes donc tous condamnés à courir après le progrès, et l’âge aidant nous ferons tous, tôt ou tard, la douloureuse expérience de l’exclusion !

Une réflexion au sujet de « Le progrès »

  1. Bonjour Serge,
    Une amie, Céline, me fait connaître votre blog.
    J’ai consulté tous les articles. je les trouve pertinents, intelligents et mesurés.
    Ils me semblent en synergie avec mon site.
    Bonne journée.

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