La fracture sociale

Les effets des seuils

Le  nombre de personnes vivant sous le seuil de pauvreté dans le monde a fortement diminué ces dernières décennies. 22% de la population mondiale vit aujourd’hui avec moins de 1.25$  par jour alors qu’il y en avait 52% il y a 25 ans. Malgré cela,  on  constate au sein de la société mondialisée, partout dans le monde, que le fossé se creuse entre, d’un côté, les nantis et de l’autre, les plus pauvres. Cela signifie donc que la fortune des plus riches s’accroit plus vite que ne se réduit la pauvreté. 10% de la population mondiale concentre aujourd’hui  82% du patrimoine mondial, et cette concentration ne cesse d’augmenter.

Des écarts qui déséquilibrent

La société mondialisée est construite sur le couple Démocratie/Capitalisme. La démocratie  place  tous les citoyens sur un pied d’égalité. Le capitalisme, lui, récompense la réussite. Il est donc normal qu’au bout d’un certain temps, les plus ingénieux, les plus travailleurs ou tout simplement les plus chanceux se trouvent mieux lotis que les autres. Il ne peut en être autrement.  Si, de plus, la rémunération du capital est importante, ceux qui ont amassé une première richesse, vont la voir se multiplier sans frais, tandis que les autres ne pourront compter que sur la rémunération de leur travail. Les riches vont multiplier et diversifier leurs sources de revenus, pas les pauvres. Les écarts vont s’accroître d’autant plus vite, qu’en période de crise tout sera fait pour freiner le coût du travail (seule source de revenu des plus pauvres).

En période de croissance soutenue, l’état arrive à prélever sur les plus riches pour redistribuer aux pauvres et ainsi jouer un rôle d’amortisseur. Mais en période de crise, cela devient plus délicat. L’état reste impuissant à combler le fossé qui se creuse.

L’engrenage pourtant  prévisible

De prime abord, on peut se féliciter d’un système qui, en 25 ans, a plus que divisé par 2 le pourcentage de pauvres dans le monde.  Mais il faut se méfier de l’arbre qui cache la forêt.  Le fossé, qui se creuse au su et au vu de tout un chacun, crée un mal être insidieux. Il sera de plus en plus difficile de faire cohabiter au sein de la même société des extrêmes qui ne se comprennent plus, et qui ne se respectent plus. La fracture sociale conduira tôt ou tard au conflit social. De nombreux citoyens subissent la société mondialisée plus qu’il n’y adhérent. Le véritable danger est bien là, dans le fait que la fracture sociale a détruit l’idéal collectif. La société mondialisée se construit désormais de façon hétéroclite, autour d’idéaux particuliers. Cela conduit de trop nombreux citoyens à rejeter les règles communes pour adhérer à une cause qui leur offre un idéal à bâtir. Cela fait le lit de la délinquance et du terrorisme.

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